Imaginez que vous êtes arrêté à un feu rouge. Vous regardez devant vous, vous attendez tranquillement que le feu passe au vert et tout semble normal. Mais avez-vous pensé à regarder derrière ? Si le conducteur qui arrive ne freine pas à temps, vous êtes directement sur sa trajectoire. Et pourtant, vous n'avez rien fait de mal.
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C'est un peu la même chose lorsque vous traversez une rue, passez sous un objet mal fixé ou marchez à proximité d'un chariot élévateur dans un entrepôt. Le danger dépend aussi de l'endroit où vous vous trouvez par rapport à quelque chose qui pourrait bouger, tomber ou libérer de l'énergie.
C'est ce qu'on appelle la ligne de tir. Un terme qu'on entend surtout dans le monde de la sécurité industrielle, mais qui concerne finalement tout le monde. Certaines situations sont faciles à repérer. D'autres sont devenues tellement habituelles qu'on n'y fait même plus attention.
Qu'est-ce que la ligne de tir en sécurité au travail ?
On se trouve dans la ligne de tir lorsqu'on est placé à un endroit où une énergie dangereuse pourrait nous atteindre et provoquer une blessure.
Il peut s'agir d'un véhicule en mouvement, d'un objet qui tombe, d'une machine en fonctionnement ou encore d'une pression qui se libère soudainement.
Pour savoir si vous êtes exposé, posez-vous simplement cette question : si quelque chose bouge, tombe, casse ou libère de l'énergie, est-ce que je risque d'être touché là où je me trouve ?
Ça paraît assez évident, dit comme ça. Mais dans une journée de travail, combien de fois prenons-nous vraiment le temps d'y penser ?
La ligne de tir, ça concerne aussi la vie de tous les jours
Prenons un salarié qui se tient derrière un véhicule en marche arrière. Si le véhicule continue de reculer, il risque de se faire heurter.
Maintenant, imaginez un piéton qui traverse la rue en regardant son téléphone, sans voir le cycliste qui arrive.
Deux situations différentes, mais le même problème : quelqu'un se trouve sur la trajectoire d'un danger.

Et il y a un détail qu'on oublie facilement : le danger n'a pas forcément besoin de venir vers nous. On peut très bien entrer soi-même dans la ligne de tir, par exemple en approchant la main d'une machine en rotation ou en avançant sans regarder sur la trajectoire d'un véhicule.
Nous avons naturellement tendance à surveiller ce qui se rapproche de nous. Pourtant, nos propres mouvements peuvent aussi nous mettre en danger.
Quel rapport entre la ligne de tir et les autres risques professionnels ?
La ligne de tir est directement liée à la notion d'énergie dangereuse.
Une machine, un véhicule ou un équipement sous pression peut contenir de l'énergie capable de provoquer une blessure. Le problème apparaît lorsqu'une personne se trouve à un endroit où cette énergie pourrait l'atteindre.
Prenons un circuit d'air comprimé. Même lorsque l'équipement est à l'arrêt, il peut rester de la pression à l'intérieur. Si un raccord cède, une pièce peut être projetée vers quelqu'un qui se trouve à proximité.
C'est aussi pour cette raison qu'un équipement à l'arrêt n'est pas nécessairement sans danger.
Nous expliquons plus en détail ces phénomènes dans notre article consacré aux énergies dangereuses, notamment lors des opérations de maintenance ou de mise à l'arrêt des équipements.
Quelques exemples de situations de ligne de tir
Les risques liés à la ligne de tir ne s'arrêtent pas aux portes de l'usine. On peut les rencontrer sur la route, à la maison ou pendant des activités tout à fait ordinaires.
D'ailleurs, si vous avez vu Destination finale 2, vous faites peut-être partie de ceux qui évitent désormais de rouler derrière un camion chargé de troncs d'arbres !

Bon, Hollywood pousse évidemment les choses un peu loin. Mais cette scène illustre plutôt bien ce qui peut arriver lorsqu'on se trouve sur la trajectoire d'un objet qui se détache ou se met soudainement en mouvement.
Au travail, les situations sont souvent moins spectaculaires, mais le principe reste le même :
- Véhicules ou équipements en mouvement : se trouver derrière un chariot élévateur qui recule ou sur la trajectoire d'une machine.
- Charges suspendues : passer ou travailler sous une charge en cours de levage.
- Objets qui tombent ou se déplacent : rester à proximité de matériaux empilés de manière instable ou d'équipements mal fixés.
- Objets sous tension : se trouver sur la trajectoire d'un câble, d'une sangle ou d'un ressort qui pourrait revenir brutalement en arrière.
- Pièces de machines en mouvement : approcher les mains ou une autre partie du corps de mécanismes rotatifs, coupants ou présentant un risque d'écrasement.
- Systèmes sous pression : être exposé à une libération soudaine d'air comprimé, de fluide hydraulique ou d'une autre forme d'énergie accumulée.
Dans tous ces exemples, ce qui compte, c'est la position de la personne par rapport à ce qui pourrait bouger ou libérer de l'énergie.
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Pourquoi les accidents liés à la ligne de tir sont-ils encore si fréquents ?
Dans l'industrie, tout le monde sait qu'il vaut mieux éviter de se retrouver derrière un chariot élévateur, de passer sous une charge suspendue ou de s'approcher d'une machine sans protection.
Alors pourquoi ces accidents continuent-ils de se produire ?
Parce que connaître un danger ne signifie pas forcément le remarquer au moment où l'on y est exposé.
Les environnements de travail évoluent tout au long de la journée. Les machines bougent, les véhicules circulent, les priorités changent. Et au milieu de tout ça, nous adaptons constamment nos gestes et nos déplacements, parfois sans vraiment y réfléchir.
Que nous disent les chiffres sur les accidents du travail ?
Les statistiques britanniques donnent une idée de l'importance de ces risques.
Selon le Health and Safety Executive (HSE), entre 2020/21 et 2024/25, les accidents impliquant un objet en mouvement et ceux impliquant un véhicule en mouvement ont chacun causé en moyenne 21 décès de travailleurs par an en Grande Bretagne.
À elles seules, ces deux catégories représentaient environ 30 % des accidents du travail mortels sur cette période.
Et ce ne sont que les accidents mortels. En 2024/25, les heurts par des objets en mouvement représentaient également 10 % des accidents non mortels concernant les salariés et déclarés dans le cadre du dispositif britannique RIDDOR.
Bien sûr, ces chiffres ne couvrent pas toutes les situations de ligne de tir. Mais ils montrent à quel point les objets et équipements en mouvement peuvent avoir des conséquences graves.
Pourquoi finit-on par se retrouver dans la ligne de tir ?
Imaginez un salarié qui traverse le même entrepôt tous les jours. Il connaît les zones de circulation et les dangers, mais à force d'emprunter le même chemin sans incident, il finit par y prêter moins attention.
C'est pareil pour un technicien qui intervient régulièrement sur une machine. Avec l'habitude, on peut avoir l'impression que le risque diminue, alors qu'il est toujours bien présent.
Même lorsqu'on échappe de peu à un accident, on a tendance à vite passer à autre chose. Pourtant, chaque chaude alerte est une occasion de comprendre ce qui aurait pu se passer et d'éviter que cela se reproduise.

Les quatre états qui augmentent le risque de se retrouver dans la ligne de tir
SafeStart identifie quatre états qui peuvent favoriser les erreurs critiques, notamment le fait de se retrouver dans la ligne de tir :
- Précipitation : sous la pression du temps, une personne peut prendre un raccourci ou négliger de vérifier son environnement, par exemple en traversant une zone de circulation de chariots élévateurs.
- Frustration : lorsqu'un équipement tombe en panne ou qu'une tâche devient difficile, l'attention peut se concentrer sur la résolution du problème au point de ne plus remarquer les dangers à proximité.
- Fatigue : une baisse de vigilance peut rendre plus difficile la détection d'un véhicule qui approche ou l'anticipation du mouvement d'un équipement.
- Excès de confiance : lorsqu'une tâche devient familière, nous pouvons lui accorder moins d'attention, même si les dangers restent exactement les mêmes.
Ces états peuvent contribuer à la survenue d'un accident, mais les conditions de travail, la conception des équipements et les protections existantes jouent également un rôle essentiel.
Comment SafeStart aide à réduire les risques liés à la ligne de tir
On ne peut pas demander à quelqu'un d'évaluer consciemment tous les dangers possibles à chaque instant de sa journée. Les décisions, les mouvements et les distractions sont tout simplement trop nombreux.
C'est pourquoi les habitudes jouent un rôle si important.
Développée par Larry Wilson, la méthode SafeStart s'intéresse à la manière dont la précipitation, la frustration, la fatigue et l'excès de confiance peuvent favoriser quatre erreurs critiques :
- Inattention du regard
- Distraction
- Ligne de tir
- Perte d'équilibre, d'adhérence ou de prise
Grâce aux Techniques de Réduction des Erreurs Critiques (TREC), SafeStart aide les personnes à reconnaître ces schémas, à tirer des enseignements des chaudes alertes et à développer des habitudes qui leur permettent de mieux repérer les situations dangereuses avant qu'un accident ne se produise.
L'une de ces techniques consiste à prendre l'habitude de regarder dans la direction où l'on va se déplacer avant de bouger. Ce réflexe simple peut aider à repérer un véhicule qui approche, un équipement en mouvement ou un autre danger avant de se retrouver sur sa trajectoire.
SafeStart a déjà formé des millions de personnes dans le monde, en aidant les organisations à renforcer la vigilance et les comportements sûrs, en complément de leurs systèmes de management de la sécurité.
Vous souhaitez aider vos équipes à mieux reconnaître les situations de ligne de tir avant qu'elles ne provoquent des accidents ? Découvrez comment SafeStart peut accompagner votre organisation dans sa démarche de prévention des risques et de prise en compte des facteurs humains.
Published on 08.10.2026
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